Nano-Banana au-delà de la hype et le paradoxe de Jevons
Nano-Banana au-delà de la hype
1. Aujourd’hui, nous passons à l'outil le plus spectaculaire et le plus flippant du moment, qui non seulement va supprimer des palanquées de métiers mais aussi faire faire des trucs de dingues parfaitement fictifs à n’importe qui… Il s'agit bien sûr de Nano-banana, le modèle d’édition et de génération d’images par IA, intégré dans l’application Gemini de Google (via le modèle Gemini 2.5 Flash Image).
2. Nano-banana permet non seulement de créer des images de toutes pièces (pffff, classique…) mais surtout de modifier des images existantes de façon parfaitement cohérente et réaliste avec de simples prompts textes ou d’images complémentaires.
3. Premier sujet : les personnages. Sur la base d’une photo que vous aurez fournie, vous pouvez demander un changement de look, de vêtements, d’expression, de pose, d’environnement, de fond, de décor… Vous pouvez apporter des modifications de style : colorisation du Noir et blanc, changement des couleurs sur une partie de l’image ou la totalité, choix du type de lumière, application d’une texture… Le résultat est très précis, fidèle et réaliste.
4. Vous avez aussi la possibilité de changer de point de vue (plongée, contre-plongée, profil, dos, etc.) et de cadrage, en zoomant ou en élargissant sur un environnement qui “n’existe” pas et que Nano-Banana “imagine” sur la base de ce que vous avez fournie.
5. Mention spéciale pour les designers et les architectes : Nano-Banana est vraiment intéressant pour tester des mises en lumière, matières, styles, etc. et pour faire des coupes, des élévations, des perspectives, des maquettes 3D… Bon, il vaudra mieux vérifier vos mesures avant de lancer vos travaux (je plaisante…) mais ça permet d’avoir une bonne idée du rendu en quelques secondes. Impressionnant.
6. Quelques données pour montrer l’ampleur du phénomène :
L’application Gemini a gagné plus de 10 millions de nouveaux utilisateurs depuis le lancement de Nano-Banana.
Plus de 200 millions d’images ont été générées ou éditées avec cet outil (au 5 septembre 2025).
Ce modèle d’IA a inspiré de nombreux “prompts viraux” que je vous laisse découvrir.
7. Toutefois, rien n’étant parfait en ce bas monde, Nano-Banana souffre parfois d'hallucinations ou de moments de “flemme”, tout comme certains de ses (nombreux) concurrents : chatgpt, qwen (chinois), MidJourney, DALL·E 3, Stable Diffusion, Adobe Firefly, Leonardo AI, Seedream 4.0… mais ce sera sûrement de l’histoire ancienne dans quelques semaines (mois ?)
La leçon du jour
Il n’y a pas si longtemps, on disait qu’en étant attentif, on pouvait facilement reconnaître les images générées par IA : problèmes de perspective, six doigts à chaque main, incohérences diverses et variées, etc. Ce temps semble déjà résolu.
Pour aller plus loin
Le tutoriel complet YouTube Maîtrisez Google Nano Banana en 18 Thèmes Décryptés
Le guide à télécharger LE GUIDE GOOGLE NANON BANANA : de débutant à expert en 58 pages | BARTHELEMY NOBILI FORMATIONS
Si vous avez envie de vous amuser : Nano Banana trend: 5 viral prompts you can try in Google’s Gemini app - The Times of India
Le paradoxe de Jevons
1. Le paradoxe de Jevons stipule que tout gain d’efficacité énergétique conduit non pas à une diminution mais à une augmentation de la consommation de cette même énergie. Autrement dit, quand un dispositif (au sens large) consomme moins d’énergie qu’auparavant pour un même résultat, cela ne permet pas de réduire la quantité d’énergie consommée globalement. Au contraire, l’usage de cette énergie s’en trouve d’autant stimulé.
2. Ce constat n’est pas nouveau. C’est en 1865 que l’économiste britannique William Stanley Jevons l’a formulé pour la première fois dans son ouvrage The Coal Question (Sur la question du charbon).
3. Ce paradoxe s’explique par l’effet rebond : les progrès obtenus entraînent de nouveaux comportements qui eux-mêmes favorisent une hausse de la consommation.
Ce mécanisme comporte trois étapes :
Une énergie rendue plus efficace devient moins coûteuse.
Puisque cette énergie est devenue plus accessible, la demande augmente.
Cette hausse génère un effet rebond : la consommation totale finit par dépasser le niveau initial.
4. Un exemple classique : l’automobile. Les voitures modernes consomment de moins en moins de carburant, ce qui nous incite à rouler davantage et donc, au final, à consommer encore plus de carburant. Même mécanisme pour les autoroutes : construites pour fluidifier le trafic, elles attirent davantage de véhicules, ce qui provoque encore plus de trafic.
5. Le paradoxe de Jevons s’applique à toutes sortes de ressources et de technologies :
Le numérique : plus nos appareils (ordinateurs, smartphones…) sont puissants et efficaces, plus nous les utilisons… et plus nous consommons de ressources.
L’alimentation : café décaféiné, boissons sans sucre, produits allégés… Plus ils paraissent « sains », plus leur consommation augmente.
6. Selon le paradoxe de Jevons, la lutte contre le dérèglement climatique ne peut pas reposer uniquement sur les gains d’efficacité énergétique ou sur des solutions technologiques visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Ces progrès – indispensables – risquent fort de s'accompagner d’un effet rebond. Ce qui relance le débat sur la nécessité d’une réglementation stricte, de mesures fiscales et d’une plus grande sobriété énergétique.
7. Le paradoxe de Jevons remet en question l’idée reçue d’une efficacité toujours vertueuse. L’efficacité apparaît comme une condition nécessaire, mais jamais suffisante : sans cadre ni limites, rendre une énergie plus performante et moins chère ne fait qu’en stimuler la consommation. Il faudrait donc distinguer les bonnes efficacités, porteuses de progrès, des mauvaises, qui deviennent nocives. Paradoxal, en effet…
La leçon à tirer
Ce cycle ne s’arrêtera-t-il jamais ?


